0

Votre panier



TOTAL HT
TOTAL TTC

mardi 8 septembre 2026

La sécurité open source est dans un état déplorable : IBM et Red Hat parient que 5 milliards de dollars et 20 000 ingénieurs pourront y remédier

Cybersécurité - Confiance - RésilienceIA ouverte - Modèles - Data - Écosystèmes souverains
La sécurité open source est dans un état déplorable : IBM et Red Hat parient que 5 milliards de dollars et 20 000 ingénieurs pourront y remédier

Un investissement massif pour répondre à un problème devenu critique

La sécurité des logiciels open source est devenue un enjeu majeur pour les entreprises, alors que ces composants sont désormais présents dans une grande partie des infrastructures et applications. Mais derrière cette adoption massive se cache une réalité plus préoccupante : les projets open source doivent gérer un nombre croissant de vulnérabilités, avec des ressources humaines et financières souvent limitées.
C’est dans ce contexte qu’IBM et Red Hat lancent Lightwell, une initiative destinée à renforcer la sécurité de l’écosystème open source à grande échelle. Pour y parvenir, les deux entreprises annoncent un investissement pouvant atteindre 5 milliards de dollars et prévoient de mobiliser jusqu’à 20 000 ingénieurs.

L’IA au cœur de la détection et de la correction

Lightwell entend s’appuyer largement sur l’intelligence artificielle pour automatiser une partie du travail aujourd’hui réalisé par les équipes de sécurité et les mainteneurs.
L’objectif est notamment d’analyser le code et les dépendances open source afin de :

  • détecter les vulnérabilités ;
  • identifier et prioriser les      risques les plus importants ;
  • rechercher les composants      affectés ;
  • proposer des correctifs ;
  • contribuer à leur développement      et à leur rétroportage sur différentes versions.

L’IA ne doit toutefois pas fonctionner seule. Les correctifs générés ou identifiés seront vérifiés par des ingénieurs humains, avant d’être proposés aux mainteneurs des projets concernés. Cette combinaison entre automatisation et expertise humaine doit permettre d’accélérer considérablement le traitement des vulnérabilités, sans abandonner les mécanismes de validation existants.

Travailler avec les communautés plutôt que les remplacer

L’un des enjeux importants de Lightwell est son rapport aux communautés open source. IBM et Red Hat souhaitent travailler directement avec les mainteneurs et les projets existants, plutôt que de développer une couche de sécurité complètement indépendante.

Les ingénieurs pourront ainsi contribuer aux projets en amont et participer au développement des correctifs. L’objectif est que les améliorations apportées puissent bénéficier à l’ensemble de l’écosystème, et pas uniquement aux entreprises clientes de Lightwell.

Cette approche répond à une difficulté bien connue de l’open source : une poignée de mainteneurs peut se retrouver responsable de composants utilisés par des milliers, voire des millions d’organisations, alors que les moyens dont disposent ces projets restent parfois très limités.

Une première étape autour de Java

Le déploiement de Lightwell commencera par l’écosystème Maven et Java, avant de s’étendre à d’autres environnements largement utilisés dans les chaînes de développement logiciel, notamment PyPI, npm et Go.

La solution doit également pouvoir s’intégrer aux outils et processus déjà utilisés par les entreprises, notamment les chaînes CI/CD, les registres de logiciels et les SBOM (Software Bill of Materials). L’objectif est de donner aux organisations une meilleure visibilité sur les composants qu’elles utilisent et sur les risques qui leur sont associés.

Vers une nouvelle approche de la sécurité de la supply chain

Avec Lightwell, IBM et Red Hat cherchent ainsi à faire évoluer la manière dont les entreprises abordent la sécurité open source. Il ne s’agit plus seulement d’identifier une vulnérabilité lorsqu’elle est publiée, mais de suivre l’ensemble du cycle de vie du composant : détection, analyse, correction, validation et maintenance dans le temps.
Le projet sera proposé sous la forme d’une offre commerciale par abonnement, destinée aux entreprises souhaitant renforcer la sécurité de leur chaîne d’approvisionnement logicielle.

Au-delà de l’investissement annoncé, l’initiative pose donc une question plus large pour l’écosystème : comment financer et sécuriser durablement les composants open source dont dépendent aujourd’hui les infrastructures numériques ? 
La réponse apportée par Lightwell, mêlant IA, expertise humaine et collaboration avec les communautés, pourrait constituer une nouvelle étape dans la gestion de ces enjeux.